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Ce vide qu'on ressent et qui révèle une blessure d'abandon

Peggy Tournigand

Il y a dans certaines femmes une faille invisible, douce en apparence, mais abyssale quand elle s’ouvre, un vide intérieur que ni la présence des autres, ni les mots rassurants, ni l’amour donné, même sincèrement, ne suffisent à combler.

C’est une sensation difficile à nommer, parce qu’elle n’est pas toujours logique, ni visible, ni “raisonnable”, mais elle revient par vagues, surtout quand tout se calme, quand le silence s’installe, quand le téléphone ne sonne pas, quand l’autre ne répond pas assez vite, quand vous sentez que vous devenez “trop”, que vous vous attachez “trop”, que vous attendez “trop”, alors que vous aviez juré que cette fois-ci, vous sauriez rester indépendante, alignée, détachée.

Et pourtant… le cœur s’accroche, le ventre se serre, les pensées se figent autour d’une seule question, souvent muette mais obsédante : “Est-ce qu’on va encore m’oublier, me quitter, me laisser ?”

C’est cela, la blessure d’abandon.
Pas forcément un abandon concret, brutal, ou visible.
Parfois, elle naît d’un regard manquant, d’un parent trop fatigué pour voir, d’un adulte émotionnellement absent, d’un moment où l’enfant que vous étiez a eu besoin d’être contenue, aimée, prise dans les bras… et où il ne s’est rien passé. Rien, sauf l’impression d’être seule avec quelque chose de trop grand pour soi.

 

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Alors, le corps a appris à surveiller.
Le cœur a appris à donner beaucoup, pour ne pas être quitté.
L’esprit a appris à s’adapter, à se faire petite, douce, forte, utile, discrète, tout ce qu’il faut être pour mériter qu’on reste.
Et l’adulte que vous êtes devenue continue parfois à courir après un lien qui ne rassure jamais vraiment, à investir des relations qui nourrissent juste assez pour que l’on s’y accroche… mais pas assez pour que l’on s’y repose.

Cette blessure-là ne se guérit pas par un “tu mérites mieux”.
Elle ne se guérit pas par un discours, ni par une force mentale.
Elle se guérit par un retour lent, profond, courageux… à soi.

Un retour dans le corps.
Dans la sécurité intérieure.
Dans l’ancrage d’un lien que personne ne peut rompre : celui que vous tissez, chaque jour, avec vous-même.

La guérison ne commence pas quand quelqu’un vous choisit enfin.
Elle commence quand 
vous décidez de ne plus vous quitter.

 

Peggy



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