On parle souvent de dépendance affective comme d’un manque d’amour de soi, alors qu’en réalité c’est souvent bien plus profond que cela, parce qu’elle ne parle pas seulement d’amour, mais surtout de sécurité, de peur du vide, d’abandon et d’une insécurité intérieure qui s’active dès que le lien avec l’autre devient incertain.
Le vrai visage de la dépendance affective n’est pas toujours celui que l’on imagine.
Ce n’est pas seulement une femme qui s’accroche ouvertement, c’est parfois une
femme très autonome en apparence, mais qui, dès qu’elle aime, se met à trop penser, à trop attendre, à trop interpréter, parce qu’au fond ce qui se rejoue n’est pas
seulement la relation présente, mais quelque chose de plus ancien.
La dépendance affective n’est pas qu’un besoin d’être aimée, c’est souvent un besoin d’être rassurée, choisie, retenue, comme si l’amour devait sans cesse prouver qu’il ne va pas disparaître.
Alors on doute, on s’adapte, on supporte parfois trop, non pas parce qu’on aime trop, mais parce qu’une part de soi croit encore qu’être quittée serait un effondrement.
Très souvent, cela touche des blessures précoces, mais aussi parfois des mémoires familiales plus anciennes, quand dans une lignée il y a eu de l’abandon, des infidélités, des femmes non choisies, des séparations douloureuses ou des amours impossibles.
Dans ces cas-là, la relation devient un lieu de réactivation, un endroit où l’on cherche à réparer, à garder enfin ce qui, autrefois, a été perdu.
C’est pour cela que la dépendance affective ne se transforme pas simplement en se disant qu’il faut lâcher prise, parce que l’enjeu n’est pas seulement mental, il est émotionnel, profond, et souvent chargé d’une histoire bien plus vaste que la relation du moment.
La bonne nouvelle, c’est que cela peut s’apaiser, non pas en se coupant de l’amour, mais en apprenant peu à peu à aimer sans se perdre.
Peggy
