Il y a des femmes qui ne se reposent jamais vraiment, même quand tout semble aller bien, même quand aucun danger réel n’est là, parce que leur corps reste en alerte et que leur esprit continue d’anticiper ce qui pourrait arriver.
Un silence, un regard, un changement de ton, une ambiance un peu étrange, et tout leur système intérieur se tend presque aussitôt.
On parle souvent d’hypervigilance comme d’un simple trait de personnalité, alors que bien souvent, c’est surtout une adaptation née dans un environnement émotionnellement chargé, instable ou imprévisible, où il fallait sentir, comprendre, éviter, anticiper.
Quand on a grandi comme cela, on apprend très tôt à observer, à lire entre les lignes, à capter ce que les autres ne disent pas, et cette finesse, qui peut ressembler à de l’intuition, s’accompagne souvent d’une grande fatigue, parce qu’être hypervigilante, ce n’est pas simplement faire attention, c’est vivre avec un système nerveux qui a du mal à croire que le calme est vraiment sûr.
Cela coûte de l’énergie, du sommeil, de la paix intérieure, et parfois même la capacité à se détendre pleinement dans l’amour, dans le repos ou dans le travail, parce que lorsqu’on a appris à surveiller pour se sentir en sécurité, le
lâcher-prise devient difficile.
Très souvent, ce fonctionnement ne vient pas seulement de ce que vous avez vécu consciemment, mais aussi d’un passé plus ancien, familial, transmis à travers des lignées marquées par la guerre, les pertes, les secrets, la violence ou l’instabilité.
La bonne nouvelle, c’est que l’hypervigilance n’est pas votre identité profonde, mais souvent la trace d’une intelligence de survie devenue trop présente.
Peut-être que vous n’êtes pas trop sensible, mais simplement fatiguée d’être restée en alerte beaucoup trop longtemps.
Et parfois, mettre de la conscience sur cela, c’est déjà commencer à sortir du mode survie.
Peggy
